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Pour
l'école que nous voulons, oui à un véritable débat démocratique !

Une fois de
plus, l'École est à la une de l'actualité, illustrant à
nouveau, si besoin est, combien la question scolaire se
trouve au cœur des préoccupations de notre
société.
La Ligue de
l'enseignement, mouvement laïque d'éducation populaire et
association éducative complémentaire de l'enseignement
public, réaffirme ses choix :
- La politique
publique d'éducation et de formation initiales, à laquelle
prennent part les collectivités territoriales et les
associations, doit reposer sur un service public fondé sur
la laïcité, la justice sociale et la lutte contre les
inégalités territoriales et les
discriminations.
- L'Ecole doit
garantir, pour tous les enfants et les jeunes, des
acquisitions culturelles exigeantes, y compris dans les
domaines technologiques et professionnels. Ces
acquisitions doivent leur permettre de se comprendre, de
comprendre le monde et de s'y insérer socialement et
professionnellement.
- L'Ecole, de la
maternelle au lycée, et au minimum jusqu'à la fin du
collège, a l'obligation d'accueillir tous les enfants et
les jeunes, tels qu'ils sont aujourd'hui, dans la
diversité de leurs conditions, de leurs cultures, sans
nostalgie des élèves d'hier. Elle doit leur permettre
d'acquérir une culture commune qui intégre la dimension
européenne.
- Les objectifs
et le fonctionnement du système scolaire doivent être liés
à un véritable droit à la formation tout au long de la
vie.
- L'innovation et
l'engagement, présents dans les pratiques d'un grand
nombre d'équipes éducatives, doivent être reconnus et
valorisés.
- L'Ecole doit
être plus audacieuse dans l'éducation à la citoyenneté et
plus coopérative dans son fonctionnement.
- L'Ecole peut
d'autant mieux remplir ses missions qu'elle s'ouvre plus
encore à ses partenaires, notamment aux associations
éducatives complémentaires de l'enseignement public.
Or, les choix
budgétaires, les mesures et les méthodes du gouvernement ont
créé une situation qui a abouti à un blocage rendant
impossible l'indispensable débat pour les nécessaires
évolutions de l'École afin qu'elle devienne réellement
démocratique.
La Ligue de
l'Enseignement, au nom de l'intérêt de tous les élèves,
s'est déclarée solidaire des actions revendicatives
conduites depuis le début de l'année scolaire. Mais, si ce
contexte a révélé un grand désarroi des personnels de
l'éducation nationale ainsi que leur profond attachement aux
principes qui fondent le service public, il a en même temps
masqué les vraies questions de fond, voire de grandes
divergences.
C'est, entre
autres pour cela, qu'un véritable débat public national est
urgent et nécessaire afin de préciser ce que notre pays
attend de son Ecole.
La Ligue de
l'enseignement, depuis trois ans, invite au débat public sur
l'École dans son appel " L'École que nous voulons ".
Elle décide de lui
donner encore plus d'ampleur : en menant ses propres
initiatives, en s'associant à d'autres acteurs de l'Ecole et
en participant à part entière à celles qui seraient
conduites par les pouvoirs publics dans ce domaine.
Ce débat doit
avoir comme objectif premier, en faisant la part des acquis
et des échecs de notre Ecole, de la faire progresser pour
que tous les enfants et les adolescents, en priorité ceux
des milieux populaires, quelles que soient leurs origines,
s'y sentent chez eux et y réussissent.
Mais plutôt que
de se précipiter dans la préparation d'une nouvelle loi
d'orientation sur l'éducation, la Ligue de l'Enseignement
demande :
- que ce débat
prenne comme cadre de référence, sans la caricaturer, la
loi d'orientation sur l'éducation du 10 juillet 1989, loi
de la République, et le bilan circonstancié de son
application. Par exemple, qu'en est-il de la mise en place
des cycles à l'école primaire, des missions du collège, de
la concrétisation de l'objectif de conduire l'ensemble de
chaque classe d'âge au niveau du CAP ou du BEP et 80 % au
niveau du baccalauréat ou encore de la réalisation
effective de la transmission des savoirs en mettant
l'élève au centre du système éducatif ?
- que ce même
débat soit ouvert à tous les acteurs concernés, les
personnels, les parents, les élus nationaux et locaux, les
acteurs sociaux, économiques et associatifs, les jeunes et
les étudiants,
- qu'il ait lieu
au plus près du terrain et mobilise les moyens
d'information, tout particulièrement ceux de service
public,
- enfin qu'il
permette, par le temps qui lui sera donné et la méthode
employée, l'exposé clair de propositions dont la
diversité, voire les aspects opposés, seront justement la
garantie d'un véritable débat de fond et de choix qui
refusent le conservatisme, les idées toutes faites et
l'immobilisme.
Voilà quelques
lignes directrices pour que ce débat soit véritablement
l'affaire de tous, sans démagogie, ni tromperie, ni illusion
d'un ordre ancien qui ne ferait que renforcer les inégalités
de toute nature.
Pour ce qui la
concerne, la Ligue de l'enseignement est déjà engagée dans
l'action et le débat avec son réseau associatif qui
accompagne au quotidien l'École et avec ses espaces locaux "
pour l'École de tous ".
C'est donc par
l'action et le débat démocratique que La Ligue de
l'enseignement entend prendre toute sa place dans les choix
que notre société doit être amenée à faire pour sa jeunesse
et son avenir.
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