La retraite d’expatrié : comment ça marche ?

Le fait de travailler à l’étranger offre deux possibilités : cotiser en tant que travailleur détaché ou en tant qu’expatrié. La seconde option signifie que vous n’êtes pas soumis au régime français, ce qui ne vous empêche pas de verser des cotisations régulières en France. Découvrez les spécificités de ce statut et les impacts considérables qu’il a sur votre retraite à venir.

La situation d’expatrié

Un expatrié est un travailleur français qui exerce sa profession dans un pays étranger. En ce sens, il est soumis aux législations du pays d’accueil que ce soit concernant son contrat de travail, son régime fiscal ou encore sa couverture sociale incluant la retraite.

En tant qu’expatrié, vous ne bénéficiez d’aucune couverture retraite française. Une adhésion volontaire est donc nécessaire pour une couverture sous le régime français. Il y a alors la possibilité de souscrire à une assurance retraite expatrié pour le régime de base et/ou à des régimes complémentaires (ARRCO/AGIRC), via la CFE, caisse des français de l’étranger située rue de la Boétie à Paris 8eme qui reçoivent tous les jours pour renseigner les candidats à l’expatriation..

retraite expatrie

Les différences de statut par rapport aux autres retraites

Un travailleur détaché par son entreprise française à l’étranger jouit des mêmes conditions qu’un travailleur résident puisque sa fiche de paie est effectuée depuis la France et ses droits sont donc strictement identiques à un salarié en France. Le régime général et les régimes complémentaires restent donc applicables dans la mesure où les cotisations sont versées aux caisses de retraite française.

Le travailleur expatrié employé en régime local ne verse plus de cotisations en France et n’est donc plus soumis au régime Français, que ce soit le régime de base ou les régimes complémentaires. Automatiquement, il ne bénéficie plus des dispositions applicables aux salariés exerçant dans l’Hexagone. L’adhésion à l’assurance vieillesse auprès de la CFE (Caisse des Français à l’Etranger) permet de jouir d’une continuité des droits acquis. L’inscription se fait alors à titre individuel ou via l’entreprise à laquelle vous appartenez. Attention, l’adhésion à une retraite volontaire en France n’annule pas les obligations définies par le pays hôte. Il vous faudra donc cotiser doublement. Cela peut peser lourdement sur votre budget mais peut aussi s’avérer intéressant au moment du départ à la retraite.

Si vous ne souhaitez pas vous affilier à la CFE, il y a toujours la perspective de racheter des trimestres. Ces derniers correspondent aux périodes sur lesquelles vous avez travaillé en tant qu’expatrié, sans avoir versé de cotisation en France. Deux conditions s’imposent :

  • une affiliation minimum de 5 ans à une assurance maladie française
  • une demande de rachat de trimestres dans un délai de 10 ans au terme de vos activités dans un pays étranger.

Il n’existe ni seuil minimum ni plafond maximum en ce qui concerne les trimestres rachetables. Il faut néanmoins savoir que le coût du rachat est plus élevé si vous percevez des revenus importants et que le tarif correspond peu ou prou au tarif du rachat de trimestres études dans le cadre du VPLR (Versement pour la Retraite)

Comment calculer ma retraite d’expatrié ?

Le versement des cotisations pour une retraite française se fait auprès de la CFE et à ce moment-là c’est un calcul dans les mêmes conditions qu’une poursuite des cotisations dans le système français.

Cela ne changera rien aux montants des pensions ni aux âges de départ possible compte tenu de votre date de naissance et de votre durée de carrière.

Le calcul retraite est fonction du pays d’accueil, lorsque l’on est expatrié non affilié CFE ou non détache.

Expatriation au sein de l’Espace Economique Européen (EEE)

Vous êtes redevable des cotisations obligatoires imposées par le régime local (sauf exonération dont les conditions sont définies par le pays hôte). Vous bénéficiez alors d’un droit communautaire. Plus concrètement, les droits à la retraite acquis dans chaque pays de l’EEE seront pris en compte. Deux calculs sont effectués :

  • la pension nationale : la retraite est calculée sur la base de vos cotisations au sein du pays d’accueil
  • la pension communautaire : tous les trimestres cotisés dans les pays de l’EEE sont pris en compte puis un calcul au prorata est effectué sur la base de la période cotisée dans le pays concerné.

Les résultats de ces deux calculs sont comparés. C’est le montant le plus favorable qui vous est versé à titre de retraite en tant qu’expatrié.

Expatriation dans un pays qui a signé une convention de Sécurité Sociale avec la France

Le bilan retraite s’effectue de deux manières différentes.
La totalisation-proratisation consiste à additionner les périodes de cotisation à la retraite dans tous les pays ayant signé une convention de Sécurité Sociale. C’est comme si vous avez fait carrière dans un seul pays. La caisse de retraite va alors procéder à un calcul au prorata sur la base du précédent résultat.

Supposons que vous avez cotisé 22 ans en France et 18 ans en Turquie, votre pays d’accueil. Cela fait un total de 40 ans de cotisation à l’assurance retraite. Les 22/40e de la retraite à laquelle vous avez droit sera versée par la caisse de retraite française et le reste sera versé par une caisse turque.

Notez que le cumul de plusieurs conventions n’est pas autorisé. Si vous cotisez 7 ans au Togo et 7 ans au Chili, il faudra choisir laquelle des deux conventions vous souhaitez appliquer.

La liquidation séparée n’est pas appliquée de manière systématique. Elle est cependant intéressante si la durée d’expatriation est plus courte que le temps de travail dans un pays étranger. En effet, il est possible de toucher une retraite complète au niveau de la caisse Française, ce à quoi s’ajoute une pension de base attribuée par le pays d’accueil.

Expatriation hors EEE et sans convention bilatérale

Il est possible que votre pays d’expatriation soit à la fois exclu de l’Espace Economique Européen et des pays ayant signé une convention de Sécurité Sociale avec la France. Dans ce cas, vos périodes de travail ne sont pas cumulables. Le calcul en France et dans chaque pays étranger est de ce fait effectué séparément. La vigilance est de rigueur car les conditions d’octroi d’une pension sont extrêmement variables. Certains pays hôtes exigent notamment que le bénéficiaire soit résident pour prétendre à une retraite en tant que travailleur expatrié. Utiliser un simulateur retraite est aujourd’hui une option avantageuse car elle aide à estimer le montant de votre future retraite à titre d’expatrié. Néanmoins, il est plus intéressant d’avoir des précisions.

L’intervention d’un expert retraite est à privilégier pour vous aider à analyser vos droits et déterminer l’option la plus rentable pour bénéficier d’une retraite confortable. Il est ainsi possible de faire appel à des spécialistes pour connaître votre retraite d’expatrié Eor.

 

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